Saturday, December 04, 2004

Assassinat de Théô Van Gogh : Le totalitarisme d’une certaine “vérité” religieuse

Par Abdallah Amami

Sur le milliard de Musulmans éparpillés de par le monde, combien on pris la peine de s’interroger et de méditer sur l’assassinat de Théô Van Gogh, ce cinéaste néerlandais égorgé en plein mois de Ramadan dans une rue d’Amsterdam par un islamiste marocain qui lui reprochait ses prises de position publiques contre l’Islam. Personne ou presque. S’il y a eu débat en terre musulmane sur la question, ce débat est resté bien feutré. C’est que l’assassinat d’intellectuels est chez nous monnaie courante. Malheur à ceux qui osent défier les vérités établies et aller à l’encontre de ce que les islamistes considèrent comme des thawabit ou constantes intangibles. Tous ceux qui s’y sont frottés l’ont payé cher. En Egypte, au Maroc, en Iran, beaucoup d’intellectuels ont payé de leur vie cette audace ; en Algérie, où la tourmente a emporté plus de cent mille morts ces dernières années, une soixantaine d’intellectuels ont fait l’objet d’assassinats ciblés, simplement pour avoir professé une vision du monde qui diverge de celle de l’Islam radical, les artistes étaient nombreux parmi de ces victimes. En Turquie, l’horreur a atteint son comble en 1993, quand 36 intellectuels et artistes, réunis en séminaire dans un hôtel de la ville de Sivas, ont été brûlés vifs dans un incendie allumé par des islamistes qui ont ensuite fait barrage aux pompiers et aux citoyens qui tentaient de porter secours aux victimes.

L’assassinat de Théô Van Gogh nous interpelle parce qu’au delà de l’acte terroriste, devenu malheureusement banal et qu’il ne faut jamais cesser de condamner, il marque le transfert en Europe d’une pratique qui perdure chez nous depuis des siècles sans jamais avoir suscité de grandes émotions.
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